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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 16:40
J'ai lu tous les Guillaume Musso. J'assume. Enfin, pas en public. Mais quand même.

Guillaume Musso était invité jeudi soir au Grand Journal de Canal +, pour parler de son nouveau livre Que serais-je sans toi ? Il a expliqué pouvoir être influencé autant par Flaubert que par les séries américaines. A raconté : «Ma mère (nda : elle était bibliothécaire) me disait : ne sois pas sectaire, lis Flaubert et après va lire Agatha Christie.»
Interrogé sur les critiques littéraires qui ont souvent été cruelles envers lui, critiquant son écriture pas assez élaborée, il a répondu que ça lui avait fait de la peine, au début, mais qu'il s'était blindé.

Je me suis sentie un peu visée, parce que j'ai acheté récemment son avant-dernier bouquin en version poche, Je reviens te chercher, et quand je l'ai bouquiné à l'aéroport, avant de partir en vacances, je me suis sentie obligée de me justifier... «C'est pour lire dans l'avion, comme ça, j'ai pas à réfléchir...», «Il situe ses romans dans New York, c'est comme un guide du Routard romancé !», «Y avait plus que ça dans les rayons»...

C'est idiot.

Lire Guillaume Musso est-il aussi honteux? Est-on vraiment obligé d'opposer systématiquement la culture populaire et la celle de l'élite ? Merde. Guillaume Musso écrit de manière simple. Ses histoires se lisent rapidement, et on n'a pas besoin de relire trois fois la même page pour être sûr d'avoir saisi le propos. Les personnages n'ont sans doute pas la psychologie de ceux de grands auteurs intellos, les histoires sont parfois cousues de fil blanc... Et alors ? Est-ce qu'on peut pas se régaler avec une pizza ? Faut-il forcément dîner dans un étoilé pour avoir l'impression d'avoir fait un bon repas ? Parfois, une cuisine simple et modeste, fut-elle un peu lourde sur l'estomac, réjouit tout autant les papilles. Désolée pour cette métaphore culinaire, sans doute due à la reprise récente de mon régime...
Guillaume Musso, c'est ça. Un plat de macaronis and cheese. On ne pourrait pas se contenter de manger uniquement des macaronis and cheese, tous les jours. Mais ça cale bien et on se régale.

Bon, par contre, je dois avouer que ce dernier roman m'a beaucoup moins plu que les précédents. J'ai trouvé les personnages un peu trop caricaturaux et le dénouement un peu trop facile. J'ai eu une réelle impression de déjà-vu (en français dans le texte, comme ils disent) en lisant ces pages. Le coup de la journée qui recommence, du héros faussement cynique qui va retrouver son âme, de l'amour fou... J'ai pas adhéré... Mais je sais que je lirai quand même Que serais-je sans toi ? Et je continuerai à regarder la Nouvelle Star. A pleurer devant les téléfilms de M6. Et à manger des macaronis and cheese.

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Published by Refia - dans En vrac
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commentaires

Gilbert Because-Youno 20/08/2009 18:48

La littérature n'est pas un plat de macaroni. Guillaume Musso écrit des livres en forme de boîtes de ravioli premier prix. Des livres écrits en pensant à la recette.Donc : si, il est honteux de lire ses livres.

Refia 24/08/2009 15:33


Merci pour le filage de métaphore. ;)

Savez-vous que parfois, les raviolis qu'on retrouve dans les boîtes premier prix sont issus des mêmes chaînes de production que les raviolis de marque ? (non, non, là, je ne file pas la
métaphore)


leia 14/05/2009 21:05

l'éternelle rivalité entre lesauteurs dits sérieux et les autres. Mais je revendique à lire des auteurs-non-sérieux-non chiants comme Nothomb par exemple plutot que de lire des pavés à l'aide d'un dico tout ça pour avoir l'air intelligente.

Refia 15/05/2009 07:49


D'ailleurs, tu me fais penser que j'avais une prof qui nous disait lire le dico, tout simplement. A l'époque (collège), on était subjugués, mais quand j'y repense, y a rien de plus con.