
J'ai ressorti les masques que j'avais acheté au Japon parce qu'à l'époque je trouvais ça rigolo. Maintenant, on ne sait jamais. Le savon sans rinçage que je balade dans mon sac depuis que j'ai décidé que c'était plus pratique que les lingettes ne m'a jamais semblé aussi utile. Je ne sors plus à l'heure de pointe, et j'évite de croiser les gens sur le trottoir. Si quelqu'un éternue, c'est bien simple, je cours, droit devant moi.
C'est pas que je sois hypocondriaque, non, bien sûr. N'empêche. Deux précautions valent mieux qu'une. C'est qu'ils commencent à me faire peur, avec leur grippe du cochon mexicain. Rien que ça, tiens. La grippe, elle a pas de nom. De «grippe porcine», elle est devenue «grippe mexicaine», pour, en ce moment, se faire appeler «grippe A» ou «grippe A/H1N1» (terminologie qui a le mérite de faire très savante). Et bien cette absence de consensus sur l'appellation de la maladie, ça me fait flipper. C'est un peu comme Voldemort. La maladie-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom. C'est bien connu, les choses sont tout de suite plus rassurantes lorsqu'on les a nommées. C'est à ce moment qu'on semble avoir une emprise sur elles. Alors je lance un appel à contributions, afin de trouver un nom à cette grippe, une fois pour toutes. La grippe Voldemort, tiens, ça sonne bien, non ? Ou peut-être un peu trop lugubre...
Sur ce, je vous laisse avec
Christophe Barbier, de L'Express, qui a un avis sur la question. Non, il ne faut pas paniquer, dit-il. C'est vrai qu'en France, on n'a pas eu droit, aux aéroports, à la caméra thermique pour repérer les potentiels infectés...